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http://www.mjoa.org/cms/index.php?option=com_content&view=article&id=2499:mgr-ephram-allocution&catid=1032:2009-10-20-19-02-17
2009 10 18
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Votre Béatitude Ignace IV, patriarche
d’Antioche et de tout l’Orient,
Messeigneurs les évêques, membres du Saint
Synode antiochien,
Messieurs les membres du Cycle
Diplomatique,
Révérends Pères, Frères bien aimés,
Je me dois de dire ici une parole, parole
d’action de grâce, parole d’espérance.
Un moine devient évêque. Pourquoi et
comment une pareille chose peut survenir?
Mystère caché que seul l’Esprit de Dieu
peut révéler. Un des dires de Sa Béatitude
me revient en mémoire : ‘Tout véritable
Orthodoxe est moine, où qu’il soit dans le
monde’. Cela est-il dû à son appartenance
à Dieu, ou à son comportement moral ?
C’est là un thème qui mérite une profonde
méditation. De toutes façons, l’essentiel
se trouve dans la structure intérieure de
l’homme.
++++
Bien aimés, notre peuple aime le chant
et le ravissement. Il aime aussi les beaux
discours. Or, les mots ne rendent pas
toujours compte de ce qu’ils signifient,
surtout quand ils restent au niveau du
chant poétique. Quelle est donc la
différence entre un
langage poétique et un langage inspiré de
Dieu ?
Quand Il descend dans le cœur, l’Esprit
Divin y suscite un mouvement intérieur
profond qui agit dans l’être tout entier,
jusqu’aux fin fonds des sens. L’ouvrant
aux autre, il le pousse à faire coïncider
le faire avec le dire. Ce mouvement vient
de Dieu, traverse notre cœur de chair, et
nous fait aller à la rencontre de l’autre.
C’est dans ce contexte que je me demande
aujourd’hui: pourquoi es-tu là, mon frère
? Quelle est donc ta mission ? Que te
demande l’Eglise, toi si indigne et si
faible ?
‘Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour
être servi, mais pour servir et donner sa
vie pour une multitude’ (Mat 20 :28). Je
suis donc venu tout d’abord pour servir
mon Eglise, et le monde entier, je veux
dire tout homme que je trouverais sur mon
chemin. Je veux servir et me donner
jusqu’à la mort pour qu’il ne reste aucun
espace entre la parole et l’action, pour
que notre peuple cesse de dire ‘qu’il
existe un gouffre entre nous et nos
évêques’, et cesse de propager que
l’Eglise est loin de son peuple. Je sais
pertinemment que notre peuple est bon et
qu’il a faim et soif de la Parole de Dieu.
Cependant, il veut que nous allions vers
lui, que nous le cherchions là où il se
trouve, que nous allions à la rencontre de
tout égaré pour le ramener dans la joie au
bercail.
Notre Eglise est une Eglise porteuse d’une
bonne nouvelle qu’elle doit transmettre.
Il nous faut retrouver cette dimension
essentielle de notre tradition et lui
rester fidèles.
‘Malheur à moi si je n’annonce l’Evangile’
disait l’Apôtre des nations (1 Cor 9 :16).
Pour ceux qui connaissent bien la
situation du monde d’aujourd’hui, la
mission consiste à ramener l’homme à Dieu,
le débarrassant de ses passions, de ses
jouissances et de son égoïsme. Notre
Eglise antiochienne a ce message unique et
caractéristique qu’elle se doit de porter
à toute la terre et à tout homme.
++++
Bien aimés, la terre que nous foulons est
sainte. Sa poussière est pétrie du sang
des martyrs et des saints. ‘Tirons un bon
parti du temps présent, car nos jours sont
mauvais’
(Ep 5 :16).
Profitons donc de l’occasion qui nous est
donnée, avant qu’il ne soit trop tard.
Aidez moi, vous qui aimez Dieu, afin que
je ne m’enlise point dans les soucis de ce
monde, dans ses richesses et ses plaisirs,
et afin que ses ronces, son formalisme,
ses festivités et ses festins mondains ne
finissent par nous étouffer. Je vous en
supplie, aidez moi, car sans vous je ne
suis rien. Un grand prêtre d’Israel a dit
que ‘Jésus devait mourir pour la nation,
et non seulement pour la nation, mais
encore pour rassembler dans l’unité les
enfants de Dieu dispersés’ (Jean 11 :
51-52).
Certes, il faut mourir pour que les autres
vivent, car le service est un
asservissement à
Dieu et aux autres, un asservissement
aimant où réside la vraie liberté.
++++
Je n’oublierai guère les prières de Sa
Béatitude et sa confiance qui vont
m’accompagner et m’apporter consolation et
force, ma vie durant. Et les prières de
tous les Evêques, sans exception aucune.
Je n’oublierai pas celles des prêtres qui
vont s’associer à mon combat et sur
lesquels je vais plus particulièrement
compter. Je ne peux oublier aussi les
prières de mes frères et sœurs, les moines
et les moniales et de tous les fidèles, en
particulier les pères spirituels à
Balamand et dans la sainte Montagne de
l’Athos, qui m’ont enfanté en Christ. Je
voudrais aussi mentionner mes fils
spirituels, ma patrie, le monastère de
saint Michel et sa fraternité monastique,
le village très aimé de Nahr Biqaata, qui
m’ont permis de goûter à la joie d’une
vraie vie de communion.
Je n’oublierais jamais mon devoir pastoral
envers la nouvelle génération, ces jeunes
que j’aborderai dans l’amitié et l’amour,
car ‘l’amour ne passe jamais (1 Cor : 13
:8), et ce pour qu’ils ne soient pas
engloutis dans les passions, les
séductions et les poisons de ce siècle.
Enfin, je n’oublierai surtout pas mes
frères les pauvres, ces petits que je me
dois d’approcher avec la compassion de
Dieu, afin que je ne sois pas condamné
pour ne pas les avoir assez aimés.
Je vous remercie tous pour votre affection
et les fatigues encourues pour être ici
avec nous. Je rends grâces à Dieu pour
toutes choses.
Amen.
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